Les colliers anti-aboiements - effets et conséquences -
Un chien qui aboie ou hurle est en pleine expression de son état émotionnel (par exemple : peur, colère, frustration, détresse de solitude) et de ses intentions (maintenir ou rétablir une distance acceptable, alerter son entourage d’une approche, faire savoir sa détresse ou son inconfort …)
Informant ainsi autrui du contexte dans lequel il se trouve, le chien « bruyant » n’est en rien à l’origine d’une manoeuvre délinquante, mais plus justement dans une réponse émotionnelle et comportementale à son environnement, au sens le plus large du terme.
Les divers matériels répressifs proposés à la vente
Des modèles de colliers avec réglage (ou pas) de divers degrés dits de « corrections électrostatiques », envoient au chien un signal sonore et une décharge punitive à la moindre de ses vocalises, source de stress à laquelle il ne peut échapper, même s’il continue d’avoir motif légitime (pour lui) d’aboyer.
Les appareils à jet de citronnelle qui expulsent ce répulsif autour du nez du chien qui aboie, sont tout autant nocifs que ceux qui envoient une décharge électrique. La substance adhère en effet au pelage bien après l’aboiement, agissant donc sans plus de rapport avec le signal qui l’a déclenché, et laissant le chien sans possibilité de se soustraire à cette odeur insupportable, pris entre ce qui le pousse à aboyer et ce répulsif qui lui gicle au museau sans plus le quitter !
Exercer de manière punitive et sans autre formalité, la contrainte d’une décharge électrique ou de substance répulsive sur ce qu’exprime l’animal, peut certes faire entrevoir une trêve immédiate dans les désagréments coupables, mais occulte de manière simpliste toutes les conséquences que peut avoir une telle répression des comportements.
N’agir qu’au niveau du symptôme (ici, les aboiements) sans chercher à travailler sur les diverses causes qui en sont à l’origine, dévoile le peu de cas qui est fait de l’animal lui-même, dans cette surenchère de stress qui lui est imposée.
On observe des peurs et recherches de moyens de fuite chez de nombreux chiens porteurs de ces colliers, ainsi que des déplacements du symptôme-aboiement, quand l’animal exposé à un stress prolongé et/ou permanent (les décharges punitives) se voit débordé dans ses facultés adaptatives, et se met, en réaction, à s’attaquer à son environnement.
Ces réflexes désordonnés pouvant prendre toutes formes inattendues (autant indésirables que parfois dangereuses) comme par exemple : creuser la pelouse ou déchiqueter les végétaux, ou bien agresser le visiteur inattendu, le congénère, le chat ou l’enfant qui court dans le jardin (malheureuses victimes associées par le chien aboyeur, au surgissement des décharges douloureuses).
On peut relater encore d’autres exemples de glissement de l’aboiement vers d’autres comportements, mais concernant cette fois l’usage parfaitement abusif d’un tel matériel répressif, sur les chiens enfermés dans la maison et vocalisant leur détresse de solitude et de séparation de leurs propriétaires.
Les décharges punitives empirent systématiquement le désarroi de ces chiens, en poussant certains à détruire portes, fenêtres et objets du mobilier, tout en conduisant d’autres jusqu’à la panique (bavant, urinant et/ou déféquant partout dans l’habitat).
Autant que les mésusages par des utilisateurs inexpérimentés, de possibles défaillances du matériel peuvent soumettre le chien à des décharges intempestives sans lien véritable avec ses vocalises, concourant ainsi à le sanctionner de manière aléatoire (et parfois disproportionnée) et sans plus de rapport avec le but recherché.
Faut-il ajouter que sur le plan physiologique, l’utilisation de ces colliers peut non seulement provoquer un état de détresse (et une grande diversité de conséquences comportementales) mais aussi causer de véritables blessures ou infections, au niveau du cou du chien.
Pour plus de respect du vivant
Ces constats commandent donc d’adopter une démarche plus responsable et respectueuse du bien-être animal, pour résolution des problématiques de nuisances sonores par aboiements.
Dans cette optique, une approche individuelle et spécialisée, menée au plus proche du chien et de son environnement familial, permet de bien cerner avec les propriétaires de l’animal, les diverses situations causant les nuisances. Seule une telle évaluation personnalisée et ses solutions associées, dans le respect de l’équilibre émotionnel de l’animal, réunissent les conditions d’éthiques auxquelles nous sommes tous convoqués.
Les divers professionnels confrontés aux demandes de solutions des propriétaires démunis face aux nuisances sonores causées par leur chien, ont donc le devoir d’élargir leur champ de conseils et d’interventions, à des mesures plus en adéquation avec le bien-être animal et le respect du vivant (avec l’espoir que la France en vienne prochainement à interdire l’usage de ce type de matériel répressif, comme la Suisse depuis 1999, à l’instigation des vétérinaires Helvètes)






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