Apprendre à son chiot à rester seul
Ce sont les premières nuits qui sont très difficiles pour le chiot, qui généralement vocalise sa détresse s’il est isolé sans aucune transition. Pleurs et aboiements auxquels on fini par céder, parce qu’insupportables la nuit aussi bien pour le voisinage que pour soi-même. Or, céder aux vocalises du chiot, lui apprend maladroitement qu’il faut aboyer pour obtenir !
Pour ne pas se trouver dans ce ficelage, il est préférable d’anticiper sur cette détresse vocale, en gardant le chiot près de soi la nuit dans son panier, et c’est en journée que l’on choisira de l’initier progressivement à être un peu seul dans une pièce, quand on est dans une autre.
Bref : pour ne pas précipiter un chiot dans un désarroi bien légitime, ne le laissons pas seul dès le lundi matin, quand on est allé le chercher à son élevage le samedi ! Organisons méthodiquement notre avenir avec lui pour une commune tranquillité.
1er temps : Initier d’abord la confiance
Le désarroi d’un très jeune chiot de 2 mois est très atténué, s’il reste dormir les premières nuits dans la chambre de ses maîtres (dans son panier et non dans le lit). Le fait de n’être pas isolé le rassure, il peut dormir (et ses maîtres aussi !) Pas de déambulations anxieuses en semant ses déjections partout, pas de pleurs ou hurlements…
Cette situation doit être provisoire, et il faudra savoir instaurer une distance en éloignant le panier jusque dans une autre pièce, pour assurer le futur bon équilibre du petit animal.
Un chiot acquis à 3 mois ou plus (et moins fragile émotionnellement qu’à 2 mois) peut ne rester que quelques jours dans la chambre, le temps d’évacuer le stress de son arrivée en terrain inconnu, et de tisser un nouveau lien d’attachement.
2ème temps : Initier ensuite à l’absence
Parallèlement, lorsqu’on est présent en journée à la maison, on peut vaquer à quelques courtes occupations dans une pièce en maintenant le chiot dans une autre, afin de l’exercer à la solitude. Le temps de prendre une douche, aller aux toilettes ou passer un coup de fil, on peut ignorer complètement les éventuels pleurs ou aboiements (à ces heures ils sont supportables par le voisinage). Seulement quand le chiot est calmé, on réapparaît sans en faire un événement, donc sans lui prêter attention. Petit à petit on allonge le temps passé dans les autres pièces, puis plus tard on peut même sortir pour de petites courses.
Le chiot se familiarise ainsi progressivement au banal de ces calmes allées et venues, et constate que les absences sont toujours suivies de retours (surtout sans spéciales effusions de joie !)
Quand il sait un peu rester seul sans stress en journée, c’est le moment de l’éloigner la nuit en mettant son panier hors de la chambre, et s’il y a quelques aboiements il faudra les ignorer absolument.
Pas de « chut » ni de « ça suffit ! » à ce stade, il doit avoir déjà observé qu’il ne lui sera pas répondu et il se calmera vite.
Dans le quotidien de la relation, en s’abstenant de répondre aux diverses sollicitations de caresses ou de jeux du chiot, mais en étant soi-même à l’initiative de tout échange et sans abuser des contacts avec lui, on évite qu’il soit d’autant plus en manque quand on s’absentera.
L’objectif d’avoir un chiot (et plus tard un chien) paisible quand il est seul, passe par ne pas être constamment en interaction et « collage » avec lui quand on est présent, ce qui est souvent l’inverse de ce que pratiquent les maîtres qui s’éloignent de nombreuses heures pour leur travail !
Un animal nourri de constantes interactions en notre présence, est d’autant plus soumis au vide immense et brutal produit par notre absence !
Le comportementaliste aidera s’il le faut, pour conduire ce travail d’organisation avec un chiot ou de réorganisation du quotidien avec un adulte, qui ne sait pas gérer sa solitude.
Danièle Mirat
Comportementaliste
Spécialiste des rapports hommes - chiens





